Sur le procès d'Hicheim GHARSALLAH,
...Lorsque le secret médical met en danger :
"Au-delà de l’émotion légitime et de l’écœurement que soulève un tel comportement criminel - l’accusé a été condamné à 9 années d’emprisonnement et il n’a pas fait appel -, ce procès a mis en lumière trois carences : l’une médicale et inquiétante, l’autre militante et délibérée, la troisième législative et par omission.
L’attitude irresponsable de certains médecins
Lors de ce procès un médecin est venu témoigner à la barre. Elle avait été le médecin traitant de l’accusé pendant de longues années. Elle avait été celle qui lui avait annoncé sa maladie, et était informée des pratiques sexuelles de son patient, qui consistaient à entretenir de multiples rapports non protégés.
Pire, ce médecin a même informé une des victimes de sa contamination volontaire par l’accusé, mais n’a rien dit... Au mépris volontaire de la loi qui, certes, consacre le secret médical, mais prévoit parallèlement l’obligation de dénoncer au Procureur (article 226-14 alinéa 2 du Code de procédure pénale) des violences physiques, sexuelles ou psychiques. Contre la loi et aussi contre les propres avis de l’Ordre National des médecins, qui a finalement décidé, par deux avis solennels (3 février 2007 et 21 mars 2009) et au nom de l'état de nécessité de la personne en danger de contamination, de permettre au médecin de prendre l'initiative - encadrée - de prévenir la victime."
Écrivait Maître Eric MORAIN dans son article sur Atlantico le 16.11.2011.
Alors je tiens à apporter ma contribution et à " remercier " certaines personnes.
Je ne parlerai que plus tard du médecin ici cité qui n'a pas souhaité témoigner à la barre, je préfère commencer par le début, car les vrais responsables sont ceux qui ont ausculté Mr avant cette doctoresse.
" L'omerta du silence qui contamine " le scandale de cette affaire.
Hicheim GHARSALLAH a appris sa séropositivité en 2000 ( selon ses dires, mais cela peut être avant, nous n'avons aucune preuve de leur exactitude ), il est allé se soigner dans un hôpital de la banlieue parisienne.
Ensuite il est allé dans un second hôpital deux ans plus tard.
Avant de retourner dans le premier hôpital ou il avait consulté.
Lorsqu'il est retourné dans cet hôpital, il y est arrivé avec une MST supplémentaire. Les médecins étaient informés depuis 2002, et pour certains même plus tôt, de ses " rapports non protégés avec des partenaires multiples " puisqu'il ressort des expertises qu'il en faisait état lors de ses consultations.
Dans ces deux hôpitaux ou l'on savait, aucun de ces médecins n'a jugé bon d'en avertir le Procureur de La République.
S'ils l'avaient fait, je n'aurais peut être pas été contaminée, en tous cas une chose est sûre : les deux victimes qui étaient avec moi au procès n'auraient pas été exposées.
N'y a t il pas dès lors mise en danger de la vie d'autrui ?
Combien d'autres personnes sont contaminées à cause de ce silence ?
Le silence de ces médecins est une honte.
Pour citer à nouveau mon Avocat , Maître Eric MORAIN:
" Il est désormais impératif que les médecins ayant connaissance de tels faits prennent leur responsabilité, de manière à éviter que des vies soient brisées et que la maladie ne s’étende. Dans le cas contraire, les personnes contaminées pourraient un jour se retourner contre eux et leur silence coupable "
Le secret médical est il plus important que nos vies ?
Que dire lorsque le serment d’Hippocrate, se transforme en serment d'hypocrite ? sinon que la marge qui fait passer de l'un à l'autre est vite franchie ? et que je me sens sacrifiée pour ce secret .
En effet les personnes comme moi pourraient se retourner contre ces "médecins".
N'ayant appris cela que pendant l'instruction,et bien trop tard, pour ma part je ne peux me retourner contre eux puisqu' il y a maintenant prescription.
Mais il n'en demeure pas moins que si l'on s'en réfère à l'article 223-6 du Code Pénal; ces médecins peuvent être poursuivis pour mise en danger de la vie d'autrui.
Alors je tiens à remercier ces " médecins " chanceux, car c'est en partie grâce à eux que je suis là aujourd’hui .
Et qu'ils sachent nous devons tous répondre de nos actes, et de " nos actes manqués " un jour, ici bas ou plus tard.
Surtout qu'ils continuent à dormir tranquilles sur leurs deux oreilles, puisque grâce à la prescription ils ne seront pas inquiétés. Du moins pas avec moi, ah les veinards !
Alors j'espère de tout cœur que les médecins confrontés à ce dilemme n'hésiteront pas à rompre le secret, au lieu de devenir complices et coupables par leur silence .
Et si je fais cet article c'est parce que maintenant que je suis en contact avec beaucoup de victimes de contamination volontaire, je vois que souvent les médecins sont informés et se taisent. C'est le cas dans bon nombre d'affaires.
Ils se taisent pour ne pas être ennuyés par la justice ? probable, si tel est le cas, ils devraient méditer cela, et je les invite à consulter ce lien.
Alors vont ils comme toutes les associations de lutte contre le sida, ( sauf Femmes positives ) , prendre parti pour les contaminateurs, au lieu de penser à leurs victimes ?
C'est ce que font beaucoup par leur silence.
L'on peut bien me dire que si les médecins décident de rompre le secret, les séropositifs n'iront plus se soigner, à cela je réponds qu'il n'y a que les contaminateurs qui seront éventuellement dissuadés.
Alors va t on encore longtemps faire passer le secret médical, et les contaminateurs avant la vie de gens innocents ?
