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Hicheim gharsallah: 9 d\'emprisonnement pour transmission volontaire du sida



Un séropositif aux assises pour avoir sciemment contaminé sa compagne

Par Alexandra Guillet , le 25 octobre 2011 à 06h00 , mis à jour le 25 octobre 2011 à 22h56

Hicheim Gharsallah,34 ans, comparaît à compter de mardi pour "administration de substance nuisible" devant la cour d'assises de Paris après avoir délibérément transmis le virus du sida à sa compagne.
cour d'assises

Sa vie a basculé le 13 juillet 2004. Du haut de ses 26 ans, Valérie* apprend ce jour là qu'elle est séropositive. Quelques jours plus tôt, elle a appris que le compagnon avec qui elle entretient une relation depuis neuf mois l'était lui aussi. Progressivement, elle découvre qu'Hicheim Gharsallah connaissait sa séropositivité depuis quatre ans et qu'il s'est bien gardé de l'avertir. Après une fin de relation houleuse, Valérie décide de porter plainte le 24 octobre 2004.


"Quoi, et alors ? Moi aussi, on m'a baisé"

Lors de l'enquête, elle affirmera que même lorsqu'elle exigeait qu'il mette un préservatif, cet homme la forçait à avoir des relations non protégées. Dans l'ordonnance de mise en accusation, dont TF1 News a eu copie, on peut également lire : "lorsqu'elle lui demande s'il se rendait compte qu'il l'avait contaminée en se sachant déjà atteint par le VIH, il lui avait répondu : 'Quoi, et alors ? Moi aussi, on m'a baisé'". Après avoir nié les faits, Hicheim Garsallah finira par les reconnaître.
Mis en examen pour "administration de substance nuisible" avec pour circonstances aggravantes la préméditation et le statut de concubin, il est en détention provisoire depuis trois ans.

Aux assises, il sera également poursuivi pour avoir imposé des rapports non protégés à deux autres de ses compagnes, en 2005, puis 2008. Par chance, celles-ci n'ont pas été contaminées. Seule, l'une d'elle s'est constituée partie civile. "Dans cette affaire, on est en présence de parties civiles particulièrement traumatisées, selon leur avocat, maître Eric Morain. Elles sont victimes et pourtant elles se sentent profondément coupables d'avoir accordé leur confiance à cet homme. Ces femmes ont toutes été trahies en plus d'être contaminées. Ce procès aux assises représente déjà une victoire pour elles car les faits sont bel et bien de nature criminelle. Pour se reconstruire, elles attendent de l'accusé qu'il reconnaisse sans équivoque qu'il se savait séropositif et qu'il les a exposées sciemment à des risques très élevés", affirme-t-il.

"Il a mûri, il est devenu responsable"

Le conseil d'Hicheim Gharsallah espère de son côté que l'audience permettra à son client de montrer à quel point il a évolué en prison. "Il a mûri, il est devenu responsable, mon client expliquera à son procès qu'il est aujourd'hui pleinement conscient de sa responsabilité morale et pénale, selon Me Pascal Garbarini. Il va s'expliquer sur son déni, son refus d'accepter sa maladie et les soins. Mon client expliquera comment il se sentait coupable vis-à-vis de lui et vis-à-vis de sa famille,
qui n'a appris sa séropositivité que bien plus tard. Désormais, il reconnaît qu'il était dans une situation irresponsable". Hicheim Gharsallah encourt jusqu'à 15 ans de prison. Le verdict est attendu vendredi.

Ce n'est pas la première fois que la justice traite ce genre d'affaire mais, généralement elles sont jugées en correctionnelle. Ainsi, en janvier 2005, la cour d'appel de Colmar a condamné un homme à six ans de prison ferme pour avoir contaminé deux de ses partenaires par le VIH. En 2007, la cour d'appel de Fort-de-France a condamné à dix ans ferme un homme ayant contaminé cinq mineures. En 2009, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné à trois ans ferme un homme accusé d'avoir contaminé sa compagne. En 2010, à Rennes, un homme écopait en appel d'une peine de six mois ferme.

Fait de société

Dans l'affaire examinée aujourd'hui à Paris, tant l'avocat des victimes que celui de l'accusé estiment justifié et nécessaire que cela se passe devant une cour d'assises. "Cette qualification criminelle des faits a son importance. Passer par une cour d'assises montre qu'il y a une norme sociale", estime Eric Morain. "On sait très bien que, malheureusement, ce genre de faits arrive. C'est un fait de société. Or, un fait de société a besoin d'une véritable audience et une cour d'assises, avec son jury populaire, est le décor le plus adéquate pour cela, estime également Pascal Garbarini. Mon client a refusé d'accepter sa maladie. Il est parti de l'hôpital en courant. Quand il y a de tels chocs, peut-être y-a-t-il des améliorations à apporter, notamment dans le suivi thérapeutique de ces individus."

*le prénom a été modifié
Par Alexandra Guillet le 25 octobre 2011 à 06:00

source :
lci.tf1.fr/france/justice/un-seropositif-aux-assises-pour-avoir-sciemment-contamine-son-6785303.html


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Neuf ans de prison pour avoir transmis le sida à sa compagne

Un homme de 34 ans a été condamné hier à neuf ans de prison pour avoir sciemment infecté son ancienne compagne alors qu'il se savait séropositif.

29.10.2011

Impassible dans son jogging bleu et rouge, l'accusé écoute le verdict sans sourciller. « De toute façon, dans un an et demi je suis dehors », murmure-t-il, l'air détaché.
Hier, la cour d'assises de Paris a condamné Hicheim Garshallah à neuf ans de réclusion criminelle pour avoir transmis le virus du sida à son ancienne compagne alors qu'il se savait malade. Entre 2000 et 2008, l'homme âgé de 34 ans — en détention depuis trois ans — a reconnu avoir eu des rapports sexuels non protégés avec au moins trois jeunes femmes. Deux d'entre elles, parties civiles lors de ce procès, n'ont pas été contaminées. La troisième, Agnès, n'a pas eu cette chance.

« C'est une peine assez lourde, mais je ne peux pas dire que je suis heureuse. On ne me rendra jamais ma vie d'avant », a commenté la victime meurtrie. En 2000, après une vie d'errance, Hicheim, sur le point de trouver un travail stable, décide de passer le test de dépistage du VIH. Diagnostiqué séropositif, il ne prend pas la peine de se soigner. « Je me disais que j'allais mourir, quoi qu'il arrive », a soufflé l'accusé, qui assure qu'on ne l'avait « pas informé » des modalités de transmission du virus.

Quatre ans plus tard, après différentes relations sans lendemain, il rencontre Agnès dans un cybercafé. Comme avec ses autres partenaires, le malade n'utilise pas de préservatif. « Ça m'empêche d'avoir des sensations », a-t-il justifié avec un cynisme hors norme devant un auditoire médusé. Sur la brèche, à la limite de l'agressivité lorsqu'il est pris en défaut, l'accusé finira par bredouiller quelques mots d'excuses à ses trois anciennes conquêtes. « C'était du bidon. Il n'en croyait rien », a réagi Agnès à l'issue du verdict.

« L'accusé a bouleversé, fracassé les règles du vivre ensemble », a tonné l'avocat général dans son réquisitoire, évoquant des débats « lourds émotionnellement, comme une apnée au cœur d'un salaud ordinaire ». De fait, Hicheim Garshallah n'apparaît absolument pas bouleversé par le destin brisé de son ex-concubine. Le malade multiplie réponses lapidaires et provocations, allant jusqu'à arracher des soupirs dépités à son propre avocat. Malgré la lourdeur de la peine, le condamné ne sera astreint à aucune obligation de soins. « Ce n'est pas prévu par la loi pour ce type de faits, il y a un vide juridique à combler d'urgence », a déploré Me Morain, l'avocat d'Agnès. L'argument avait été repris par le conseil de l'accusé, Me Garbarini, qui avait demandé une requalification des faits en délit, ouvrant la voie à une prise en charge thérapeutique. « C'est un homme qui doit être soigné », a-t-il répété après le verdict, assurant que la possibilité d'un appel « mérite réflexion ». Quant aux motivations profondes du condamné, elles resteront sans réponse. « Il voulait se venger, estime pour sa part Agnès. Lorsque je lui ai appris qu'il m'avait inoculé le sida, il m'a répondu : Et alors? Moi aussi on m'a baisé. »



souce : www.leparisien.fr/faits-divers/neuf-ans-de-prison-pour-avoir-transmis-le-sida-a-sa-compagne-29-10-2011-1692338.php

pour plus d'infos :
www.rtl.fr/actualites/vie-pratique/sante/article/sida-juge-pour-avoir-sciemment-contamine-sa-compagne-7729238673

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